1914 : Norman Brookes
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Norman Brookes AUS- (1877-1968)
"Le Sorcier"
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Norman Brookes découvre le tennis très tard, à l'âge de 20 ans, dans un pays éloigné de tout et où pratiquement aucun terrain n'existait encore. Autodidacte, il invente lui-même la plupart de ses coups, après avoir été initié aux secrets du service américain par un anglais de passage. Sa technique est alors un peu déroutante, surtout pour les observateurs modernes que nous sommes : il ne changeait pas de prise entre le revers et le coup droit et comme beaucoup de ses contemporains, il frappait avec le même côté de la raquette en revers et en coup droit!
Son immense mérite est d'avoir introduit des nouvelles tactiques de jeu qui sont encore appliquées aujourd'hui. Il fut le premier tennisman à monter systématiquement à la volée sur son premier et même son second service. Il est l'inventeur de l'attaque à outrance, montant au filet non pas pour finir le point suite à une attaque savamment construite, mais suite à une balle gênante ou bien placée pour mettre l'adversaire dans l'embarras et l'empêcher de jouer ses meilleurs coups. Pour cela, il savait donner à sa balle des trajectoires extraordinaires, variait et plaçait son service mieux que personne. Pour toutes ces qualités, il fut surnommé Le sorcier!
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| 1907 : Norman Brookes en coup droit |
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Avant la guerre de 14, il ne vint en Europe que trois fois (deux mois de voyage et d'inaction à chaque fois...) pour jouer la coupe Davis. Il avait déjà 27 ans quand l'Australie, suite à un accord avec la Nouvelle Zélande, l'envoya pour la première fois rejoindre Anthony Wilding en Angleterre pour une rencontre de coupe Davis. Si la première tentative en 1905 fut un échec (il est quand même le premier étranger à être parvenu en finale de Wimbledon cette année là), les deux autres voyages, en 1907 et 1914, sont autant de grands chelems. Il remporte à ces deux occasions le simple et le double à Wimbledon, et au passage, la coupe Davis!
En 1907, de retour en Australie avec la coupe Davis, Norman Brookes se maria, se consacra à ses affaires (il avait une usine de bois), et à la défense du saladier d'argent. Il ne connut qu'un seul véritable échec pendant cette période, c'est en 1912 la perte de la coupe Davis à Melbourne contre les anglais. Mais il se rattrapera brillamment lors de son voyage en Europe et en Amérique en 1914!
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| 1914 : Brookes et McLaughlin avant le match de coupe Davis |
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L'américain (à d.) gagne ses deux simples, mais ce sera insuffisant, les australiens l'emportent grâce au double. |
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| 1914 : Norman Brookes pendant la finale de la coupe Davis |
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Après la guerre de 14, Norman Brookes continua la compétition malgré ses quarante ans passés. En 1919 à Melbourne, il est capitaine sélectionneur joueur de l'équipe d'Australie et défend victorieusement la coupe Davis face aux anglais. Il voyage encore et la même année, il perd son titre de Wimbledon en trois sets face à son compatriote Gerald Patterson, la nouvelle vedette australienne (Le Challenge round existait encore et Brookes ne joua que la finale). D'Angleterre, les australiens s'embarquent pour les États-Unis et Brookes et Patterson remportent le double messieurs des championnats d'Amérique en battant les tenants du titre, Tilden et Richards. Norman Brookes devient ainsi, avec Patterson, le premier joueur de l'histoire du tennis à inscrire son nom au palmarès des trois tournois du grand chelem qui existaient à l'époque (mais dans des épreuves différentes).
En 1920, à quarante trois ans, il oppose encore une belle résistance en coupe Davis face aux américains Tilden et Johnston, les nouvelles vedettes du tennis mondial. Et cinq ans plus tard à Wimbledon, il menait encore la vie dure au N°2 américain Hunter en l'emmenant jusqu'au 5eme set.
Enfin, en remportant le double messieurs du championnat Australien avec James Anderson en 1924, il devient le premier joueur à remporter la même épreuve dans les trois tournois du grand chelem de l'époque; Australie, Wimbledon, et États-Unis.
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Après la guerre de 14, Norman Brookes continua la compétition malgré ses quarante ans passés. En 1919 à Melbourne, il est capitaine sélectionneur joueur de l'équipe d'Australie et défend victorieusement la coupe Davis face aux anglais. Il voyage encore et la même année, il perd son titre de Wimbledon en trois sets face à son compatriote Gerald Patterson, la nouvelle vedette australienne (Le Challenge round existait encore et Brookes ne joua que la finale). D'Angleterre, les australiens s'embarquent pour les États-Unis et Brookes et Patterson remportent le double messieurs des championnats d'Amérique en battant les tenants du titre, Tilden et Richards. Norman Brookes devient ainsi, avec Patterson, le premier joueur de l'histoire du tennis à inscrire son nom au palmarès des trois tournois du grand chelem qui existaient à l'époque (mais dans des épreuves différentes).
En 1920, à quarante trois ans, il oppose encore une belle résistance en coupe Davis face aux américains Tilden et Johnston, les nouvelles vedettes du tennis mondial. Et en1924 à Wimbledon, il menait encore la vie dure au N°2 américain Hunter, finaliste l'année précédente, en l'emmenant jusqu'au 5eme set : victoire de Brookes 3-6 6-3 6-4 5-7 6-3 !
Enfin, en remportant le double messieurs du championnat Australien avec James Anderson en 1924, il devient le premier joueur à remporter la même épreuve dans les trois tournois du grand chelem de l'époque; Australie, Wimbledon, et États-Unis.
Norman Brookes fut le premier tennisman distingué par le roi (ou la reine ?...) d'Angleterre, car il fut anobli en reconnaissance de ses exploits sportifs. J'ignore si d'autres joueurs ou joueuses de tennis ont eu cet honneur...
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Voici son palmarès
en grand chelem : 3 simples et 4 doubles.
| Wimbledon | |
| Simple
Messieurs |
1907
1914 |
| Double Messieurs |
1907
A.Wilding
1914
A.Wilding |
| Championnats d'Australie | |
| Simple Messieurs |
1911 |
| Double Messieurs |
1924
J.Anderson |
| Championnats d'Amérique | |
| Double Messieurs |
1919
G.Patterson |
Coupe Davis (6)
(Pas de compétition
en 1910) |
1907-1909
1911
1914
1919 |
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| 1910 : Le revers de Norman Brookes |
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Prise marteau, et le revers se joue avec le même côté de la raquette qu'en coup droit |
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| 1907 : Le style très particulier de Bookes |
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| 1981 : Timbre émis en l'honneur de Sir Norman Brookes |
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Le sphynx des courts avait un telle adresse que le jeu semblait facile... |
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