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1926 : Affiche des internationaux de France
Le championnat de France devient international
1925-1927

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Borotra, le premier mousquetaire à avoir battu Tilden

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Les rencontres amicales France-Amérique

En 1924, le championnat de France est pour la dernière année réservé aux licenciés français. Mais la disparition des championnats du monde sur terre battue lance le débat. C'est qu'on s'était un peu habitué à Paris à prendre le chemin du parc de Saint-Cloud, la première quinzaine de juin, pour admirer les meilleurs joueurs étrangers. Le débat sera vite clos : 1925 verra les premiers internationaux de France.

En attendant, l'édition 1924 se déroule sur les courts du Racing, à la Croix-Catelan. L'épreuve offre un plateau de choix aux spectateurs qui ne se bousculent pas. Les demi-finales opposent naturellement nos quatre Mousquetaires : Lacoste-Cochet et Borotra-Brugnon. Finalement, Borotra remporte le titre aux dépens de Lacoste grâce à son merveilleux jeu de volée. La partie va jusqu'au cinquième set, mais Borotra gagne les points importants et ne laisse passer aucun lob: 7/5 6/4 0/6 5/7 6/2. Jean Borotra fait cette année là le triplé avec Lacoste en double messieurs et Melle Billout en mixte. Mais l'absence de Suzanne Lenglen, malade, lui a facilité la tâche...



1925 : Jean Washer


1925 voit donc les premiers internationaux de France, qui se déroulent au stade Français, dans le parc de Saint-Cloud. C'est un retour aux sources, sur les lieux du défunt championnat du monde sur terre battue. Mais la finale a un petit air de déjà vu: Lacoste prend sa revanche de l'année précédente. Son jeu a gagné en précision et il bat Borotra cette fois en trois sets secs! Heureusement, le caractère international de l'épreuve est quand même marqué en demi-finale par la présence du belge Washer et de l'hindou Jacob.

Et c'est dans l'épreuve de double que l'on retrouve les Mousquetaires au complet : Borotra-Lacoste battent Cochet-Brugnon au cours d'une magnifique partie qui va jusqu'au cinquième set.




En 1926, ce sont les courts du Racing qui accueillent l'épreuve en alternance avec le Stade Français. Et c'est le grand retour à Paris des américains, avec la participation de Richards et Kinsey. Cette fois, c'est Henri Cochet qui se distingue, remportant ainsi son premier titre important aux dépens de Lacoste. Souvenir des Jeux Olympiques de 1924, il avait en demi-finale pris sa revanche sur Vincent Richards en trois sets secs!

Mais c'est en double que le caractère international de l'épreuve va se concrétiser. Pour la première fois, les Français ne sont pas maîtres chez eux. Kinsey-Richards battent successivement Borotra-Lacoste et Cochet-Brugnon. Vincent Richards est ainsi le premier joueur à remporter le titre de double dans les trois épreuves du grand chelem : Forest Hills (1918), Wimbledon (1924) et maintenant Paris (oublions la lointaine Australie, où personne ne se déplaçait à l'époque, sauf pour la coupe Davis...). Il démontre en passant qu'il est incontestablement un des meilleurs joueurs de double du monde, comme le prouvent ses nombreuses victoires en coupe Davis avec Williams.



1926 : Avant la finale du double
Lacoste, Borotra, Kinsey et Richards posent pour les photographes avant la demi-finale.

En 1927, c'est enfin le grand retour de Tilden en France. L'Américain, que l'on avait vu qu'une fois à Paris en 1921, vient défier les français chez eux. Après la déconfiture américaine à Forest Hills l'année précédente, Tilden se doit de réagir s'il veut conserver la coupe Davis. L'épreuve se déroule au Stade Français, dans le magnifique parc de Saint-Cloud. En demi-finale, Tilden balaye Cochet en trois sets, et pour la finale qui l'oppose à René Lacoste, les tribunes qui peuvent contenir péniblement 5000 spectateurs, sont archi-pleines. C'est une partie de légende qui a lieu ce jour-là. Les balles atterrissent à quelques centimètres des lignes, les deux joueurs font un minimum d'erreurs, et il arrive que des points aillent jusqu'à 50 échanges! Victime de crampes au troisième set, Lacoste est mené 2 sets à 1 avant le repos. Il réussi à revenir au 4eme set, mais après quatre heures de jeu, au cinquième set, Tilden mène 9/8 et 40/15 sur son service. Deux balles de match !



1927 : Lacoste et Tilden pendant la finale


Sur la première, après un long échange, Tilden met son revers dans le filet. Sur la deuxième, Tilden sert un ace et croit en avoir fini, quand l'arbitre de ligne crie Faute!. La balle a frôlé la ligne et certains spectateurs l'ont vu bonne. Mais il n'y aura pas d'incident. L'arbitre de ligne en question s'appelait Henri Cochet, et personne, pas même Tilden, ne pouvait le soupçonner d'avoir fait une erreur de jugement, consciente ou inconsciente, et surtout pas d'avoir voulu avantager un camarade. Tilden ne manifesta aucune émotion, mais à 34 ans, il accusa le coup. Il termina le match deux jeux plus tard en commettant une double faute, ce qui était une bien triste fin de match pour le grand serveur qu'il était... Cette finale eut une rare intensité dramatique, et cinquante ans après, on en parlait encore ! Score finale 6/4 4/6 5/7 6/3 11/9




Lacoste termina le match épuisé physiquement et nerveusement, et un mois plus tard, à Wimbledon, il en ressentait encore les effets, à tel point qu'il ne fut que l'ombre de lui-même en demi-finale face au tenant du titre Borotra.

Certains pensent déjà à l'année prochaine, où rendez-vous est pris, selon le principe de l'alternance, sur les courts du Racing. Mais la coupe Davis n'est pas loin, et en cette année 1927, tous les espoirs sont enfin permis. Quel stade parisien serait alors digne d'accueillir le prestigieux trophée en cas de succès ?



1926 : Programme des internationnaux de France



1926 : Programme avec publicité raquettes Spalding


1926 : Publicité raquettes Williams



En haut à gauche : Grand match Dames de Cannes, 1926 est une allusion à peine voilée à la célèbre et unique rencontre entre Suzanne Lenglen et Helen Wills. Suzanne Lenglen joue donc avec une raquette Williams... 4 sur 5 championnats du monde Wimbledon 1925 est pour l'équipe de France qui a fait cette année là un grand chelem en terre anglaise : Lacoste et Lenglen en simple, Borotra-Lacoste, Borotra-Lenglen et Lenglen-Ryan dans les épreuves de double. Alors pourquoi 4 sur 5 seulement? Parce que Elysabeth Ryan est américaine et ne joue probablement pas avec la même marque de raquette que les français..

Même razzia 4 sur 5 aux internationaux de France 1925, avec presque les mêmes joueurs: Lacoste et Lenglen en simple, Borotra-Lacoste, Brugnon-Lenglen et Lenglen-Vlasto en double. Alors pourquoi seulement 4 sur 5 cette fois ? Cherchez l'erreur et vous en déduirez que la Française Didi Vlasto ou Toto Brugnon, l'un des deux, ne joue pas avec une raquette Williams !

L'allusion aux championnats d'Angleterre sur terre battue 1926 est moins claire, la réputation de cette manifestation n'étant pas parvenue jusqu'à nous... Tout au plus peut on en déduire que le vainqueur, dont on doit taire le nom, est probablement Français!





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