1933 : Austin et Perry
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La dernière domination anglaise
1934-1936
Chapitre précédent : Crawford frôle l'exploit
Chapitre suivant : La succession de Perry : Von Cramm ou Budge?
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1933 aura donc vu se succéder trois N°1 mondial : Vines qui n'est pas arrivé à confirmer ses succès de l'année précédente, Crawford qui craque à un set du grand chelem, et finalement Fred Perry. L'anglais fait une fin de saison fracassante, arrachant d'abord la coupe Davis aux français, puis en remportant à Forest Hills le premier grand titre de sa carrière. La suite va vite prouver que ce n'est pas un accident.
Forte de ces succès, une équipe anglaise pleine de confiance s'embarque pour l'Australie pour une tournée hivernale prometteuse. Perry n'y fait pas de quartier et écrase Gentleman Jack chez lui, devant son public, avec un sévère 6/3 7/5 6/1. Cette fois, Perry n'a plus de rival et profite de l'occasion pour remporter également le double avec Pat Hughes.
Après cette première levée sans histoire, 1934 aurait pu être l'année d'un grand chelem pour Fred Perry. Il n'en sera rien. Malchanceux à Roland Garros, il se tord une cheville contre l'italien De Stefani. Et c'est bien dommage, car le reste de l'année est une promenade de santé : 3 sets à zéro encore contre Crawford en finale de Wimbledon, 5/0 en coupe Davis contre les américains, et deuxième titre consécutif à Forest Hills, en 4 sets contre l'américain Allison.
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| 1933 : Finale simple messieurs Forest Hills |
| 1934 : Fred Peryy à Wimbledon |
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Et si Fred Perry finalement ne réussit pas le grand chelem pendant sa carrière, ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé : il fait trois finales consécutives en 1935, battu par Crawford en Australie, mais il est vainqueur de l'allemand Van Cramm à Paris et à Wimbledon. Et si il perd finalement son titre de Forest Hills, c'est sur blessure à la suite d'une chute sur le dos, dans sa demi-finale contre Allison. Mais 1935 doit rester une grande date dans l'histoire du Grand Chelem et de Fred Perry à la suite de sa victoire à Roland-Garros. Pour le première fois, un joueur remportait les 4 tournois du grand chelem, un exploit que seuls 4 autres joueurs ont réalisé depuis au cours du XXème siècle : Donald Budge, Roy Emerson, Rod Laver et André Agassi. Par la suite au siècle suivant, Federer, Djokovic et Nadal devaient aussi réaliser l'exploit, mais était-ce le même tennis ?
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1936 est sa dernière année en tant que joueur amateur. Il ne fait pas de tournée en Australie cette année là, mais il joue encore ses trois finales consécutives - on pourrait dire comme d'habitude... -, battu à Roland-Garros par Van Cramm, mais brillant vainqueur du même Van Cramm à Wimbledon, puis plus difficilement du jeune Donald Budge à Forest Hills.
Mais c'est déjà une fin de règne annoncée. Perry a alors 27 ans et sa dernière victoire contre un jeune homme de 21 ans a été longue à se dessiner : 10/8 au cinquième set. Au cours de ce match, son expérience, sa volonté et sa capacité à se surpasser sur les points importants, lui avaient permis de sauver sa couronne. Mais d'origine modeste, Perry ne pouvait guère se permettre de continuer cette vie de globe trotter qui ne lui rapportait pas un centime et que les sacro-saintes règles de l'amateurisme lui interdisaient de monnayer. Il accepte alors l'offre de l'inusable Tilden pour une tournée professionnelle en compagnie de Vines. Il laisse ainsi la place libre pour Donald Budge qui n'aurait peut-être pas eu besoin de cela pour s'affirmer dès l'année suivante comme son successeur.
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| 1936 : Budge et Perry à Forest Hills |
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Victoire difficile de Perry 2/6 6/2 8/6 1/6 10/8 |
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C'est sans grandes émotions que l'équipe anglaise garde la coupe Davis durant cette période. Bien secondée par Bunny Austin, l'équipe anglaise présente une belle solidité. Victoire facile contre les américains en 1934 par 5/0 et 4/1 en 1935 contre ces mêmes américains emmenés par un tout jeune homme de 20 ans Donald Budge. L'équipe anglaise est encore victorieuse l'année suivante, mais plus difficilement (3/2) contre les australiens Crawford et le jeune Quist qui inflige à Austin une des ses rares défaites en coupe Davis. Fred Perry ne perd pas un match sur ses 4 challenge round victorieux, ce qui n'est pas une mince performance. Au cours de sa carrière en coupe Davis, Perry finalement gagnera 34 matchs sur 38 ! Qui dit mieux?
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| 1933 : L'équipe anglaise de coupe Davis |
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Première victoire à Roland-Garros |
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Dernière victoire à Wimbledon |
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Avec la retraite de Fred Perry, c'est la fin de la domination anglaise dans le tennis. Depuis 1936, le public anglais attend un successeur à son grand champion, comme les français attendent les successeurs des Mousquetaires depuis 70 ans.
Mais dans l'histoire du grand chelem, Fred Perry reste un monument: il a gagné tous les grands tournois sur toutes les surfaces. Il donne ainsi des idées à son successeur Donald Budge, qui le premier, partira en Australie avec la ferme intention de gagner les quatre grands tournois de ce qui sera très bientôt Le Grand Chelem !
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Chapitre précédent : Crawford frôle l'exploit
Chapitre suivant : La succession de Perry : Von Cramm ou Budge?
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