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Les débuts ne sont pas vraiment exaltants. Moins d'une dizaine d'engagés (cinq exactement!) pour le premier tournoi organisé par l'Union des Sociétés Françaises des Sports Athlétiques sur les courts du racing club de France, tournoi qui porte le titre bien pompeux de championnat de France! L'épreuve se déroule sur une seule journée et n'attire pas les foules. Bien qu'il soit réservé aux seuls licenciés français, c'est un anglais, Briggs, vivant à Paris qui remporte l'épreuve, bien qu'il ne joue au tennis que depuis deux mois ! Mais ne soyons pas chauvins, ce n'est que justice, quand on pense que ce sont les anglais qui ont apporté ce sport en France et que la victoire de Briggs préfigure déjà le côté international de ce qui deviendra un jour Roland-Garros...
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Mais n'allons pas trop vite. Pour l'instant, les championnats sont réservés aux seuls licenciés françai et ils le resteront jusqu'en 1924. En attendant, l'épreuve se développe doucement et s'ouvre aux femmes en 1897. Elles ont plus de mal que les hommes à acquérir l'esprit de compétition et la tenue vestimentaire ne les aide pas : jupe longue jusqu'aux chevilles, corset, châpeau... Il n'y a que trois inscrites en 1897, une seule (!) en 1898, deux en 1901, trois en 1907...
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L'épreuve masculine se développe plus rapidement et prend vite ses habitudes, même si c'est un championnat essentiellement parisien pendant quelques années encore.
Mais la tentation internationale va vite venir. Max Decugis, champion à 20 ans en 1903, a d'autres ambitions. C'est le premier tennisman français à montrer un carrure internationale, et dès 1904, il emmène une équipe française en coupe Davis. C'est l'échec (premier match perdu 3/2 contre la Belgique...), mais l'idée est là et il a montré la voie à ses successeurs des années 20, qui eux, la gagneront de haute lutte. Il est également le premier français à s'aligner à Wimbledon et à remporter l'épreuve de double en 1911 associé à André Gobert.
En attendant, le championnat de France commence à attirer de plus en plus de monde. Après une escapade à Bordeaux en 1909 à la Villa Primerose, il s'installe définitivement à Paris l'année suivante.
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Les champions de France d'avant la guerre de 14:
Max Decugis : 1903-04-07-08-09-12-13-14
et 'Fifi' Germot' : 1905-06-10 |
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L'épreuve va cependant souffrir de la concurrence des championnats du monde sur terre battue organisés pour la première fois en 1912 sur les courts du stade Français au parc de St-Cloud (Voir Les premiers championnats du monde sur terre battue). Du coup, il n'y a que douze joueurs et huit joueuses inscrits par l'édition de 1913... En 1914, apparaît une jeune fille de 14 ans 1/2 qui ne s'incline qu'en finale contre Melle Broquedis, tenante du titre. Cette jeune fille, c'est Suzanne Lenglen, qui remporte trois semaines plus tard les championnats du monde. Elle deviendra après la guerre l'incontestable reine de son époque.
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| 1914 : Suzanne Lenglen aux chamionnats du monde |
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| 1922 : Henri Cochet espoir du tennis français |
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Après la guerre de 14, le championnat de France continuera à végéter quelques années, entre français. Et même si de nouveaux noms apparaissent (un certain Henri Cochet en 1922 et Jean Borotra en 1924), les anciens sont toujours là. En 1923, François Blanchy, trente-sept ans, bat l'inusable Max Decugis, quarante-et-un an et déjà huit titres de champion de France dans sa poche!
Ce n'est qu'en 1927 qu'ils prendront définitivement la dimension internationale que nous leur connaissons encore aujourd'hui, avec la participation du grand William Tilden dit Big Bill, l'américain N°1 mondial, dont la dernière apparition en Europe datait de 1921. En Août de cette même année 1927, les Mousquetaires remportent enfin, après cinq années de dures campagnes, la coupe Davis sur les américains. La décision de construire un stade pour accueillir le prestigieux trophée est prise dans la foulée, et 1928 verra le premier Roland Garros de l'histoire. Les quatre grands tournois sont en place et le vrai grand chelem est maintenant possible.
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