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1933 : Jack Crawford
Crawford frôle l'exploit
1933

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1933 aurait du être l'année Vines. Parti en Australie pour une tournée qui aurait du être triomphale, le jeune prodige américain y montra surtout sa relative fragilité en se faisant battre par un jeune australien de 16 ans Vivian McGrath au curieux revers à deux mains. Du coup, le N°1 australien Crawford en profite pour conserver sans difficultés son titre de champion d'Australie.

A 25 ans, Jack Crawford avait fait peu parler de lui jusque là. C'était certes son troisième titre australien d'affilé, mais il n'avait guère réussi à briller hors de son territoire national lors des tournées européennes précédentes. Tout le monde se souvenait de la terrible piquette encaissée à Wimbledon contre Vines l'année précédente. Avec un tel adversaire, Jack Crawford ne semblait pas promis à un grand avenir, et pourtant...



1934 : VIvian McGrath
Premier joueur à utiliser avec succès un revers à deux mains

L'Australien avait beaucoup réfléchi à ses échecs passés, cherchant une solution pour contrer la violence des coups de Vines. C'est ainsi qu'il avait émis l'idée qu'on pouvait répondre aux connon-ball sans efforts, en conservant à la balle toute son énergie par une simple opposition judicieuse, sur le même principe que le miroir réfléchissait la lumière. Sa puissance, son poignet de fer, et la variété de ses coups firent le reste. Inscrite dans la zone européenne pour cause d'épouvantail américain dans la zone asiatique, l'équipe d'Australie arrive à Paris en mai pour le tournoi de Roland-Garros. Sur la terre battue qui ne lui avait guère réussi jusqu'à présent, Jack y fait une promenade de santé. Il écrase en finale Henri Cochet lui-même en trois petits sets. Il ne vient alors à l'idée de personne de remarquer que Jack Crawford venait de faire sa deuxième levée. Vines fait encore figure de favori incontesté et Wimbledon comme la coupe Davis semblaient promis au jeune californien.




1933 : Vines et Crawford


1933 : Jack Crawford à Wimbledon



C'est à Wimbledon que Crawford conquiert son titre de N°1 mondial. Il le fait de haute lutte au cours d'une finale magnifique, la plus belle de la décennie probablement. Pendant plus de trois heures de lutte, l'Australien réussit à contrer les boulets de canon de Vines. C'est ainsi que les deux joueurs arrivèrent à 4/4 au cinquième set. Fatigué, Vines commença à faiblir et ne put que regarder les dernières balles de son adversaire toucher les lignes. Cette fois, certains commencèrent à parler de troisième levée pour un exploit qui ne s'appelait pas encore le grand chelem. Voilà l'Australie et Crawford favori pour la coupe Davis. Mais probablement fatigué par son marathon victorieux de la semaine précédente à Wimbledon, l'australien est balayé par l'anglais Austin en trois petits sets et les anglais gagnent la rencontre dès le deuxième jour grâce au double.



Après son échec en Coupe Davis, il restait à Crawford le dernier grand tournoi de l'année à Forest Hills en septembre. Et c'est à cette occasion qu'un journaliste pour la première fois parla d'un possible grand chelem. Pour la première fois un joueur était en position de remporter les 4 grands tournois de l'année. Mais pour l'australien, ce fut l'occasion manquée. Crawford y joua merveilleusement comme à son habitude pour rencontrer en finale l'étoile montante du tennis anglais et le vainqueur des français en coupe Davis, Fred Perry. Tout le monde parlait de l'exploit qu'était en train de réaliser l'australien, et Jack, la veille de la finale, commençait à se sentir nerveux pour la première fois de sa vie. Sur les conseils de Vincent Richards, il prit une étrange mixture qui lui permit de passer une bonne nuit. Le lendemain, par une chaleur éprouvante, il mena rapidement deux sets à un. Pendant le repos, il crut bon de rester au soleil à attendre pendant que Perry se précipitait sous la douche. Enfin pour calmer sa nervosité grandissante, il repris de ce breuvage qui l'avait si bien fait dormir.



1933 : Perry pendant la finale contre Crawford à Forest Hills



A la reprise, c'est un tout autre match auquel assistèrent les spectateurs médusés. Perry déchaîné mit soudain son adversaire à trois mètres de la balle et gagna les deux derniers sets 6/0 6/1! Pour Perry, c'est son premier grand titre qui le mènera dès l'année suivante à la place de N°1 mondial. Pour Crawford, c'est déjà la fin d'un règne qui n'aura duré qu'un été...

Quant à l'étrange breuvage ingurgité au cours de cette finale historique, beaucoup d'observateurs l'ont rendue responsable de l'échec du premier grand chelem de l'histoire du tennis. C'est possible, mais sa nature exacte n'a jamais été complètement divulguée. Ce qui est sûr, par contre, c'est qu'un breuvage à base d'alcool est certainement excellent pour trouver rapidement le sommeil, mais déconseillé pendant les matchs de tennis en plein soleil !



1933 : L'instant de la victoire pour Perry



1933 : Crawford et Perry après la finale
Fred Perry reçoit la coupe des mains du président de l'USTA

Et voilà comment on rate un grand chelem d'un match. Et l'année 1933 riche en événements a vu défiler successivement trois N°1 mondial : Vines en début d'année, Crawford après sa victoire à Wimbledon, et enfin Perry, après sa victoire en coupe Davis et à Forst Hills.






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