1952 : Ken McGregor et Frank Sedgman
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Sedgman-MacGregor: Un Grand Chelem en double
1951
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En ce début d’année 1951, les australiens vainqueurs surprise de la coupe Davis l’année précédente, menacent la suprématie américaine. Sedgman et McGregor s’apprêtent à conquérir le monde, et c’est en double qu’ils vont d'abord s’imposer. Bien préparés physiquement et mentalement par Harry Hopman, ils font équipe pour la première fois en janvier à l’occasion du championnat australien, mettant fin au règne des anciens Quist et Bromwich à l’issue d’une magnifique finale en 5 sets. Les deux vétérans, âgés de 37 et 33 ans, tenant du titre de Wimbledon, décident enfin de prendre leur retraite après 8 victoires consécutives dans le championnat australien!
Sur leur lancée, Sedgman et McGregor vont boucler le premier – et unique jusqu'à ce jour – grand chelem de double de l'histoire du tennis. Roland-Garros, Wimbledon et Forest Hills sont autant d'éclatantes victoires. Ils forment une paire très complémentaire et d’une grande solidité: Sedgman plus brillant à la volée, plus régulier et inspiré, gagne les points alors que McGregor, à la fois plus grand, plus solide et plus puissant que son partenaire, était pratiquement impassable au filet, une véritable araignée qui attrapait tout, ne ratait jamais un smash et ne laissait jamais passer un lob! Très décourageant pour l'adversaire... En remportant également trois épreuves de mixte sur quatre avec l'américaine Doris Hart, Sedgman prouve qu'il est un extraordinaire joueur de double, probablement un des meilleurs de tous les temps...
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| 1938 : Quist (à d.) et Bromwich |
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Après la première levée de double en Australie, la paire Sedgman-McGregor fait place nette partout. A Roland-Garros, il battent G.Mulloy-R.Savitt (USA) 6/2 2/6 9/7 7/5. . A Wimbledon, leurs victimes sont Drobny et Sturgess, plus difficilement en 5 sets. A Forest Hills, après leur victoire en coupe Davis, ils bouclent très facilement le premier et unique grand chelem de l'histoire en double en dominant la paire australienne D.Candy-M.Rose 10/8 6/4 4/6 7/5. A noter que Sedgman en profite pour remporter le simple (sa première grande victoire hors de l'Australie). Et pour couronner le tout, Sedgman remporte les trois épreuves de mixte de Roland-Garros, Wimbledon et Forest Hills avec Doris Hart. Ce qui fait que sur douze épreuves de grand chelem possibles, Sedgman en a remporté 8.
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| 1951 : Sedgman McGregor(à g.) contre Sturgess Drobny |
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Sedgmane et McGregor sur le chemin de la troisième levée pour le grand chelem en double |
| 1951 : Dick Savitt à Wimbledon |
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En simple, les australiens mettront un peu plus de temps à s’affirmer. L’Amérique, en effet, fait de la résistance, et pour la première fois depuis 1938, envoie en tournée une équipe en Australie. Les successeurs de Kramer et Schroeder s’appellent Dick Savitt, Vic Seixas et Tony Trabert. Âgés respectivement de 27 et 25 ans, Seixas et Savit ne sont déjà plus des espoirs. Révélés et entraînés dans les milieux universitaires américains, le tennis n'est pas pour eux une fin en soi. Seul américain porteur d'avenir, Trabert n'a que 20 ans et a déjà remporté le double de Roland-Garros l'année précédente.
Dick Savitt d'abord semble s'imposer comme le successeur de Schroeder. Bon frappeur, régulier, méthodique, il donnait l'impression de s'ennuyer sur le court, son agressivité au filet compensant un manque certain d'imagination. Il réussit à remporter cette année-là les championnats d'Australie et Wimbledon, ce qui faisait de lui un candidat crédible à la place de N°1 mondial. Il comptait des victoires sur Sedgman, et pour ses deux victoires en finale d'un grand chelem, sur McGregor. Il ne devait guère confirmer par la suite, restant un brillant amateur qui mêlait vie professionnelle et sport de haut niveau...
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| 1951 : La une du Time avec Dick Savitt |
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Les poteau du filet symbolisent ses deux victoires en grand chelem en 1951 : Wimbledon et Australie. |
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Mais la place de N°1 mondial se jouera en fin d’année, à Forest Hills puis surtout une fois de plus en coupe Davis, l’épreuve reine du tennis. En septembre, Sedgman, impérial et en pleine confiance, remporte enfin son premier titre de simple en dehors de chez lui, balayant en finale Vic Seixas en trois petits sets. En décembre à Sydney, contre Schroeder et Seixas,Hopman aligne avec Sedgman un autre jeune espoir australien: Merwyn Rose. Sedgman remporte ses deux simples, et bien sûr le double avec McGregor. Le capitaine américain, un peu timoré, n’a pas encore vraiment osé faire complètement confiance au jeune Trabert qui n'a joué que le double. Schroeder à 32 ans a certes été héroïque, ramenant le score à 2/2 après sa difficile victoire sur Merwyn Rose, mais ça ne prépare pas l’avenir. Ce sera la dernière apparition de Schroeder en coupe Davis.
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| 1951 : Le double de la Coupe Davis |
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Sedgman-McGregor (de dos) contre Schroeder et Trabert (à terre) |
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| 1951 : Double de coupe Davis |
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Suite à cette deuxième victoire en coupe Davis, l’Australie élève au rang de héros nationaux ses champions, et particulièrement son capitaine Hopman. Ce petit pays de 10 millions d’habitants se trouvait pour la première fois dominateur dans un sport individuel, et la coupe Davis devenait un affaire nationale. Une multitude de jeunes joueurs de talent allaient se révéler dans le sillage de Sedgman McGregor. Harry Hopman en capitaine avisé, préparait l'avenir avec plus de sérieux que son collègue américain. Merwyn Rose et Rex Hartwig, également entraînés par Hopman, marchaient sur les traces de Sedgman et McGregor. Et pour 1952, il se proposait d’emmener en tournée en Europe et aux Etats-Unis deux jeunes garçons tout juste âgés de 17 ans, Lewis Hoad et Ken Rosewall.
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