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1973 : Affiche de la finale de la coupe Davis
La dernière coupe Davis
1973

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Après son double succès à Forest Hills, la fin de saison sera plus somptueuse encore pour Newcombe. Et tout autant pour Laver et Rosewall, finalistes du double dans une finale 100% australienne. En le sélectionnant avec Laver et Rosewall, Neale Fraser le capitaine Australien repart à la conquête du saladier d’argent comme aux plus baux jours des deux décennies précédentes, avec un parfum de nostalgie qui rappelait les grandes heures de l’époque d’Harry Hopman. A Sydney mi novembre, l’Australie rencontre la Tchécoslovaquie de Kodes, avec un jeune joueur de 23 ans inconnu Jiri Hrebec. Il bat Newcombe en 4 sets 6-4 8-10 6-4 7-5 et le troisième jour, il promène Rod Laver jusqu'à 4-4 au cinquième set devant un publique médusé. Heureusement pour les australiens, Laver arrive à conclure 6-4, mais manifestement, Laver et Newcombe en sont pas au mieux sur l'herbe australienne. Entre temps, Rosewall à 39 ans atteint ainsi un des sommets de sa carrière. Il joue et gagne le double associé à Laver. Il a son billet pour la finale.



1973 : Jiri Hrebec, la surprise de la demi-finale de coupe Davis



Dans l’autre demi-finale, les USA retrouvent les roumains, privés de Tiriac. Le match n’a pas l’intensité de la finale de l’année précédente et Nastase trop seul ne remporte qu’un seul match. Smith, Gorman et Van Dillen sont prêts pour apporter à leur pays un sixième succès consécutif dans l’épreuve.

La grande finale fin novembre contre l’éternelle rivale américaine est un moment de légende. On crut alors que la vieille coupe Davis était sauvée, que la participation des meilleurs professionnels allait enfin lui redonner tout le lustre de sa gloire passée, que les USA et l’Australie allaient de nouveau se livrer des duels au sommet passionnants comme dans les années 50… Il, est vrai que cette finale avait de quoi faire rêver. L’Australie alignait Newcombe (vainqueur en 65, 66 et 67), Laver (Vainqueur en 59, 60, 61 et 62), Rosewall (vainqueur en 53, 55 et 56), Anderson (Vainqueur en 57). Le capitaine Neale Fraser n’a rien à envier à ses joueurs, il a remporté l’épreuve en 1959, 60 et 61.



Côté américain, on a pas de stratégie flexible comme les australiens. Le capitaine fait confiance à l'équipe qui a su conservé dans des conditions difficiles la coupe Davis à Bucarest contre les terribles roumains. L'équipe ne change pas, ce qui est peut-être une erreur stratégique, quand on connait le potentiel du tennis américain avec Ashe ou Connors. en simple, et Bob Lutz en double. Devant les terribles australiens, Smith parait tout à coup bien seul et tout va reposer sur lui...




Pour la première fois de l’histoire de la coupe Davis, on joue en salle, au Public Auditorium de Cleveland, ce 30 novembre 1973, devant plus de 10.000 spectateurs. Les deux premiers matchs vont jusqu’au cinquième set mais tournent tous les deux à l’avantage des australiens. Contre Newcombe, Smith se bat comme un lion, mais craque sur son service à 5-4 dans la dernière manche. Devant les coups de boutoir de l’australien, Smith faiblit, doute et termine sur une double faute ! C’est sa première défaite en finale de coupe Davis en 6 ans, et pour l’américain, c’est le début de la descente aux enfers. Mené deux sets à un contre Gorman, Laver garde suffisamment de punch malgré ses 35 ans pour survoler les deux derniers sets 6-3 6-1. Le double est une grosse déception pour Rosewall: Fraser ne prend pas de risques et envoie ses deux vedettes Newcombe et Laver remporter facilement le troisième point décisif. Après 6 ans d'absence, la coupe Davis reprend le chemin de l'Australie et nul ne doute alors qu'avec Newcombe comme défenseur, elle y est pour quelques années...



1973 : Newcombe pendant son match contre Smith.


1973 : Smith pendant son match contre Newcombe


1973 : Laver et Newcombe viennent de remporter le double décisif


1973 : L'équpe australienne vainqueur de la coupe Davis
Geoffrey Masters, John Newcombe, Mal Anderson, Capitaine Neale Fraser, Rod Laver, Ken Roswall, et Colin Dibley. Newcombe et Laver n'ont accepté leur sélection que pour les deux derniers tours.

Vainqueur de 5 titres en grand chelem et de la coupe Davis, Newcombe est candidat à la place de N°1 mondial. Mais il a encore un rival de taille, Nastase vainqueur de Roland-Garros et de 15 autres tournois dans la saison. Les deux joueurs se retrouvent au Masters début décembre mais l’explication finale n’aura pas lieu. Newcombe en demi-finale a match gagné contre Okker (il mène 5-3 au troisième set) quand il se blesse et doit abandonner. Nastase sans rivaux gagne son troisième Masters et consolide sa place de N°1 au classement ATP nouvellement créé.



Quant à la coupe Davis, cette superbe finale est son chant du cygne et c'est bien triste. L'année suivante sera un étonnant naufrage dont elle eut bien du mal à se remettre par la suite. Les premiers tours c'est bien connu n'intéressent pas les vedettes et pour la première rencontre contre la Colombie, Smith, Ashe et Connors déclinent leur sélection. Du coup le capitaine Ralston aligne les remplaçants (Van Dillen Solomon et Passarell) éliminés sans gloire par une équipe colombienne déchaînée à Bogotta, à 2600 m d'altitude. Même scénario catastrophe côté australien où Neale Fraser privé de ses vedettes aligne Alexander, Giltinan et Dibley conte l'Inde. C'est encore une triste défaite, même si les 5 matchs ont été disputés avec une rare intensité. Voilà la coupe Davis privée d'entrée de ses deux meilleures équipes.



Pire, la politique fait en 1974 une entrée fracassante dans le tennis et la finale se termine en eau de boudin. L'Afrique du Sud boycottée pour la première fois pour cause d'Apartheid gagne l'épreuve sans jouer, le gouvernement indien ayant interdit à ses joueurs de disputer le match. Quelle que soit la légitimité de la raison profonde de ce boycott, l'intervention directe des gouvernements dans les rencontres ne pouvait qu'hypothéquer dangereusement l'avenir de l'épreuve. D’autres menaces s’annonçaient contre l’équipe chilienne, représentée en politique par le général Pinochet de sinistre mémoire. Dans ce contexte politique de plus en plus agité, une épreuve par équipe avait-elle encore un avenir ?





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