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1924 :
Vinnie Richards Double champion olympique
1924

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1924 est la dernière année où le tennis est admis aux jeux olympiques. Il faudra attendre 1984 (sport de démonstration), puis 1988, pour que le tennis retrouve des champions olympiques.

En 1924, c'est Paris qui accueille les jeux olympiques. Après avoir admiré William Johnston en 1923 pendant les derniers championnats du monde sur terre battue, les parisiens découvrent deux jeunes espoirs du tennis américain qui vont faire forte impression : Vincent Richards et Helen Wills.

Vinnie Richards a 21 ans et est un des élèves les plus doués de Tilden. Vainqueur du double à Forest Hills à 15 ans en 1918 avec son professeur, il est déjà un joueur d'expérience. Barré en simple par les deux Bill, Tilden et Johnston, il a déjà joué et gagné plusieurs doubles de coupe Davis avec Williams qui, lui aussi, fait partie de l'équipe américaine. En cette année 1924, Richards vient donc à Paris faire un nouvelle démonstration de la supériorité du tennis américain. Il a comme partenaire de double un autre jeune espoir américain, Frank Hunter finaliste de Wimbledon l'année précédente.



1924 : Carte postale avec Vincent Richards



1924 :


Helen Wills a 18 ans et est déjà plus qu'un espoir. Elle a remporté Forest Hills en 1923 et on la présente partout comme la possible rivale de Suzanne Lenglen...Les autres membres de l'équipe américaine sont moins connus : Richard Williams a été chamion d'Amérique en 1914. Il fait équipe en mixte avec Hazel Wighman, bonne joueuse, connue pour avoir crée la Wighman Cup en 1923 : rencontre féminine anglo-américaine par équipes, qui se voulait l'équivalent de la coupe Davis. Hazel Wighman fait également équipe avec Helen Wills en double dames. Enfin, la partenaire de mixte de Vincent Richards est une parfaite inconnue : Marion Jessup...

Face à ces terribles américains, les français sont bien les seuls à pouvoir opposer une quelconque résistance, avec des joueurs de classe internationale. Outre l'inaccessible Suzanne Lenglen, qui règne sur Wimbledon depuis 1919, la sélection française comprend Henri Cochet, champion du monde sur terre battue en 1922, le tout récent vainqueur de Wimbledon Jean Borotra, le jeune René Lacoste, et Toto Brugnon.

Hélas, la grande confrontation tant attendue entre la française N° 1 mondiale et Helen Wills n'aura pas lieu. Suzanne Lenglen, malade, dut déclarer forfait, privant ainsi Henri Cochet, son partenaire de double mixte, d'une plus que probable médaille d'or.




C'est un grand chelem américain et le véritable héros de ces derniers jeux olympiques est donc Vincent Richards. Il remporte deux médailles d'or et une médaille d'argent, causant ainsi à Henri Cochet, pourtant bien entraîné, une des plus grandes déceptions de sa vie. Voilà ce qu'il raconte dans ses mémoires : Je me présente dans les meilleures conditions possible et parvins jusqu'à la finale après avoir éliminé en demi-finale Jean Borotra. Je fus battu par Vincent Richards en cinq sets. Decugis, notre capitaine, au début du cinquième set, eût l'idée pour me rafraîchir de prendre une énorme éponge qui trempait dans un seau d'eau glacée et de me la presser sur la tête : le résultat ne se fit pas attendre, j'étais groggy !

Même déconvenue en double où Richards et Hunter battent en cinq sets Cochet et Brugnon : 4/6 6/2 6/3 2/6 6/3.

Quant à Helen Wills, personne ne pouvait lui opposer la moindre résistance en l'absence de Suzanne Lenglen : elle gagne le simple dames et le double dames avec Hazel Wightman.

Enfin, Vincent Richards gagne sa troisième médaille en mixte, mais elle n'est qu'en argent: Wighman-Williams battent Jessup-Richards 6/2 6/3 dans une finale 100% américaine.



1924 :



1924 : Carte postale avec Vincent Richards


Curieusement, Vincent Richards ne confirmera jamais ce triplé olympique par une victoire en simple en grand chelem. Bien qu'il ait collectionné les titres de double messieurs, il ne gagnera jamais une autre grande épreuve de simple. Deux ans plus tard, à 24 ans, il est un des premiers joueurs à entamer une carrière professionnelle, en accompagnant Suzanne Lenglen dans sa tournée américaine. Quant à Helen Wills, elle n'aura pas finalement l'occasion de se mesurer à sa grande rivale dans un tournoi officiel, mais prendra sa succession comme N°1 mondiale pendant une bonne dizaine d'années...




1924 : Dick Williams et Hazel Wightman
Champions olympiques en mixte

1924 sera la dernière année olympique pour le tennis avant longtemps. En effet, fort du succès de l'événement olympique à Paris, le comité organisateur exigea pour l'édition 1928 de supprimer le tournoi de Wimbledon cette année là. Pour les dirigeants du club, c'était évidemment inacceptable. Leur tournoi avait été reconnu comme le championnat du monde officiel depuis bien avant les premiers jeux olympiques, et les meilleurs joueurs du monde entier se faisait un devoir d'y participer tous les ans depuis la création de la coupe Davis en 1900. Le tennis était un sport universel depuis ses débuts, et n'avait pas besoin des jeux olympiques pour asseoir sa notoriété. Exit donc le tennis des jeux olympiques d'Amsterdam. Il faudra attendre soixante ans et l'aboutissement d'un long combat mené par Philippe Chatrier pour que ce sport revienne au programme des jeux à Séoul en 1988. Pour Henri Cochet, la disparition du tennis comme épreuve olympique sera une grosse déception. En effet, le double médaillé d'argent à Paris aurait pu raisonnablement espéré une double médaille d'or en 1928 tant était grande la domination du tennis français cette année là. Mais la politique du comité olympique en a décidé autrement et c'est bien dommage.




1924 : Finale du double dames
Avec sa visière, probablement Helen Wills, et Hazel Wighman



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